Espèce / Territoire

Plan d’Action en faveur de la ressource cynégétique et de la diversité Biologique en milieu agricole (PAB)
Nous avons vu sur une autre page l’importance du SDCG dans la construction d’une «chasse durable». Celle-ci doit permettre de gérer l’écosystème dans son ensemble pour en assurer la pérennité. L’un des objectifs prioritaires du SDGC est le Plan d’Action en faveur de la ressource cynégétique et de la diversité Biologique en milieu agricole (PAB).

Les idées fortes du PAB :
- Contribuer à la préservation et la restauration d’un milieu agricole de qualité. Définir des indicateurs de qualité de la nature dite « ordinaire ».
- Participer à l’amélioration de la biodiversité en milieu agricole
- Développer nos capacités d’expertises
- Créer des aménagements spécifiques favorables à la biodiversité
Le point de départ de ce projet consiste à s’appuyer sur le réseau des agriculteurs et des Groupements d’intérêt cynégétique qui couvrent un tiers de la « superficie chassable » du département.

Le plan d’action du PAB se divise en 4 volets :
- Le Suivi des Milieux Ouverts de Plaine (SMOP)
- Le Diagnostic Environnemental des Territoires Agricoles sur les exploitations adhérentes aux GIC
- Actions en faveur de la biodiversité dans la démarche CAD
- Programme de formations et d’information au bénéfice des gestionnaires et utilisateurs de la nature

L’attention des acteurs de l’environnement est aujourd’hui portée sur des territoire tels que les zones humides ou le littoral, à l’aide de projets « natura 2000 », ZPS, ZICO, ou encore les réserves nationales, (…). Ces zones font l’objet d’attention particulière. L’espace agricole, qui reste la très grande majorité du territoire ne fait pas l’objet d’une protection aussi particulière.
Le PAB est né d’une idée forte : il faut redonner à ces «milieux ordinaires», un paysage de qualité, une biodiversité au cœur de ce paysage et surtout une protection des habitants en aval des bassins versants par la «reconsidération des éléments d’hydrauliques douces qui étaient présents autrefois».

Le Suivi des Milieux Ouverts de Plaine (SMOP) est une étude cherchant à quantifier les différentes variables de l’habitat «perdrix grise» pour pouvoir déterminer les facteurs en jeu dans la réussite d’un territoire. Les variables prises en compte sont les haies, les assolements, l’agrainage (…). Cela pour avoir des appuis scientifiques à promouvoir auprès des autorités qui décident de l’avenir environnementale de notre agriculture. Mais avant tout, cela nous permet de communiquer aux chasseurs de Seine Maritime, désireux de progresser dans la gestion de cette espèce, notre expertise technique pour l’obtention de meilleurs densités sur leur territoire.

Le Diagnostic Environnemental des Territoires Agricoles est né de cette même volonté de vouloir aider les agriculteurs de GIC désireux de faire progresser leurs populations de petit gibier. Pour cela, à l’aide de l’outil cartographique, nous réfléchissons avec les exploitants sur les mesures qu’ils pourraient adopter. Selon le territoire, les cultures de son assolement, la disponibilité de ses jachères (…) ; nous étudions la possibilité d’implanter une bande enherbée, une haie, de diminuer la taille d’une parcelle (…). Nous lui donnons également des indications générales qui peuvent être précieuses dans la gestion de ses populations sans changer la structure de son territoire (utilisations optimum des intercultures, par exemple).

Dans cette démarche, nous sommes aidés par deux outils environnementaux :
- BCAE (Bonnes Conditions Agricoles et Environnementales)
L’arrivée des BCAE est pour toutes les associations environnementales, l’outil attendu depuis des années pour améliorer la biodiversité au sein de ces espaces agricoles qualifiés de «ordinaires». En effet, il était difficile, de demander aux agriculteurs ayant des parcelles trop importantes de diviser leurs parcelles au profit d’une bande de jachère de 20 m. L’arrivée de ces BCAE nous permet de proposer à l’agriculteur d’installer des bandes d’herbe à partir de 5m de large au milieu de ces îlots pour créer un effet de lisière fixe et pérenne tout au long de l’année. Ces bandes de 6m de large, quelque soit leur longueur, n’atteignent pour ainsi dire jamais des surfaces supérieures à 1Ha. Cet aménagement est alors facilement réalisable par l’agriculteur. Ces lisières, obligatoirement herbeuses, deviennent rapidement un refuge pour les lapins, les lièvres, les perdrix, les passereaux et autres chauves-souris (…)
Ces bandes constituent de précieux corridors biologiques dont la faune a besoin pour recoloniser l’espace agricole contemporain.
Ces bandes, grâce à l’arrêté des normes locales peuvent désormais accueillir quelques îlots d’arbustes et de haies.

- L’Arrêté des normes locales :
L’arrêté des normes locales est un arrêté annuel, pris par le préfet dans chaque département. Il détermine les conditions d’implantation et d’entretien des surfaces en gel pour la PAC, les couverts environnementaux autorisés au titre des BCAE et les conditions d’entretien minimal des terres.
Cet arrêté est pour tous les acteurs environnementaux, une grande satisfaction. En effet, il stipule d’une part les non broyage des jachères du 1er juin au 15 juillet, permettant à la grande majorité des perdreaux d’éclore sans être fauchés.
D’autre part, il permet à l’agriculteur, d’inclure les éléments habituels du paysage dans ses surfaces primables. C’est à dire : les haies basses ou hautes, les talus plantés ou non, les bandes enherbées, les fossés, les rigoles, les bords de cours d’eau et les fascines. Tout cela, dans la limite de certaines largeurs (version pdf de cet arrêté).
C’est à dire que pour les haies ou les îlots arbustifs que nous préconisons, désormais nous proposons d’installer ceux-ci sur une bande enherbée de 5m de large (BCAE), l’agriculteur ne perd plus aucune de parcelle de culture, ni de surface primable.